Sals'Heroes Salsa Strasbourg Mes vœux de bonne année, l’Espagnol, des chiottes suspendues et Charles
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Mes vœux de bonne année, l’Espagnol, des chiottes suspendues et Charles.

Mes vœux de bonne année, l’Espagnol, des chiottes suspendues et Charles.

mec_wc

A ce qu’il parait, on a jusqu’à la fin du mois pour présenter ses vœux…  Je suis donc  encore dans les temps. Faut dire que j’ai été fortement occupée en cette fin d’année…
Mais je vais faire court car je suis dans une situation quelque peu… difficile.
Et dans ces situations stressantes, je ne peux m’empêcher de prendre mon smartphone et d’écrire un billet. Cela me permet de me donner une contenance quelle que soit la situation, de relativiser, de déstresser comme celle où je m’étais retrouvée le cul à l’air lors d’une soirée salsa avec ma jupe trop courte quand mon cavalier me faisait tourner. Note pour moi-même : il est difficile de danser avec un smartphone à la main en rédigeant un article.
Cependant, pour des raisons que je vais vous expliquer je vais devoir parler doucement.


Voilà, j’étais venue à 14h chez mon amie Jennifer pour qu’elle m’aide à comprendre le dvd en espagnol que j’ai reçu à Noel sur les passes de salsa.
D’ailleurs, je ne sais pas pour vous, mais Noel est pour moi une période toujours difficile à négocier, notamment le cas de la dinde et l’impossibilité de répondre non à la question « Tu veux bien encore un peu de ma dinde ? ». « Mais non !! Cela te va bien ces quelques kilos en plus. Cela te fait une meilleure mine, une meilleure santé. » « Allez, on passe maintenant à la bûche. »
Moi qui ai déjà des difficultés à trouver des danseurs, ces quelques kilos n’allaient pas arranger les choses. C’est vrai, les mâles n’aiment pas particulièrement danser avec les grosses… Faut dire que les mâles peuvent être cons. Mais j’ai eu une idée de génie qui va régler tout ce problème : faire un bébé ! En effet personne ne juge une femme enceinte qui fait du gras. Encore faut-il trouver le bon mâle… Mais je cherche, un peu partout…

Je m’égare. Bref, il est 15h10 et je suis retranchée dans les chiottes de l’appartement de Jennifer.
Les toilettes sont un endroit sécurisant. Tu te dis que si tu as un besoin pressant tu es au bon endroit. Tu peux imiter la fille constipée pour justifier le fait que tu y restes enfermée pendant 4 heures. Tu as même un petit lavabo avec un point d’eau pour te déshydrater. Les toilettes sont le lieu qui peut te sauver de pas mal de situations compromettantes, comme par exemple quand tu veux refuser une danse à un cavalier « non désolé, j’ai un besoin pressant ».
En plus, il faut que je vous dise que je ne suis pas dans des chiottes normales, avec un trou, une évacuation et une chasse d’eau. Non, je suis dans des chiottes du genre suspendues, du genre chic, du genre « Oh non, prenons plutôt l’apéritif dans les chiottes, elles coûtent bien plus cher que ma table basse ». En plus ce sont des toilettes séparées !! Oui des toilettes qui ne sont pas dans la salle de bain. L’inconvénient, c’est que tu ne peux pas remplacer « Excusez-moi je vais faire caca » par une phrase plus classe comme « Excusez-moi, je vais me refaire une beauté ». Mais c’est le top les toilettes séparées. Votre appartement à bien plus de valeur. Une grande avancée dans l’urbanisme moderne.
Je n’ose imaginer le prix d’un appartement sur Strasbourg muni de toilettes séparées.
Des toilettes séparées orientées sud.
Des toilettes séparées orientées sud sans vis-à-vis.
Des toilettes séparées orientées sud sans vis-à-vis avec ascenseur.
Des toilettes séparées orientées sud sans vis-à-vis avec un ascenseur et une dame pipi.

Excusez-moi, je me suis encore totalement égarée. J’en étais où ? Ah oui comment en suis-je arrivée là ? C’est une longue histoire. Pour faire court mon amie Jennifer est prof d’espagnol, donc  je m’étais dit que c’était une bonne idée d’aller la voir pour apprendre l’espagnol. 

En effet, c’est important de comprendre l’espagnol pour la salsa. Non seulement les passes sont en espagnol mais aussi beaucoup de musiques. D’ailleurs certaines paroles peuvent être surprenantes, comme « Temba, Tumba y Timba »

Intermède culturel
(issu du site http://fabrice.hatem.free.fr/index.php/index.php?option=com_content&task=view&id=1409&Itemid=73)

Cette Timba-Salsa a été composée par Cesar « Pupy » Pedroso. Elle a été enregistrée en 1999 avec la voix de Mayito dans l’album Llego Van Van.

Son titre – et a fortiori son contenu – repose largement sur un jeu de mots avec les trois termes « Temba, Timba, Tumba ». Je me suis donc plongée dans l’étude de l’argot cubain pour essayer d’en comprendre le sens.
Le problème  c’est qu’il n’y a pas qu’un seul sens possible à cette trilogie, mais plusieurs, de nature respectivement musicale, amoureuse et criminelle. C’est d’ailleurs ce qui fait aussi la saveur du texte.

Commençons par le sens musical, le plus évident. La Timba est, comme nous le savons tous, une forme de musique cubaine actuelle, dérivée du Son montuno. Le tumbao est un tambour initialement utilisé dans la Rumba et qui se retrouve également dans les formations de Salsa. Le terme « Temba » peut désigner une musique d’autrefois, par opposition, justement, à la Timba. En changeant de mari, les deux femmes de la chanson changent ainsi de style de musique et de danse, hésitant par exemple, comme le texte y fait d’ailleurs allusion, entre Rumba, Timba et danses traditionnelles.

Poursuivons par le sens érotico-amoureux. Le terme « temba » désigne une personne d’âge mûr, qui peut être recherchée pour la sécurité matérielle qu’elle est susceptible de procurer à son compagnon ou à sa compagne. Un timba est un homme plus jeune – littéralement celui qui a des « timbales », des couilles, et j’arrête là mon commentaire. La tumba est la tombe, et peut vouloir dire aussi « lâche-moi, laisse-moi tranquille ». Dans cette perspective, les femmes mettent en jeu des stratégies amoureuses différentes selon la nature de leurs attentes et de leurs sentiments vis-à-vis des partenaires de l’autre sexe : jeune amant fougueux, protecteur mûr, vieillard proche de la tombe…

Achevons enfin par le sens criminel. En argot, le tumba, c’est le voleur ; le timba, c’est celui qui a le courage d’enfreindre la loi ; « temba » désigne une personne d’âge mûr, plus rangée et/ou respectable. Selon cette approche, les femmes hésitent donc entre des compagnons entretenant des rapports différents avec la légalité et avec le crime. Cette explication est sans doute la plus fragile et la plus artificielle des trois.

Comme quoi, il peut être intéressant de connaitre l’espagnol. La musique cubaine renferme une très grande richesse à ce niveau.

Fin de l’intermède culturel.

J’étais donc arrivée à 14h chez Jennifer et elle m’aidait à traduire les paroles de cette chanson. C’est alors qu’à 14h57 on sonna à la porte.
Ce n’était pas  les témoins de Jehovah dont j’arrive facilement à identifier la sonnette qui fait « DriiiiiinnnnVientVousParlerDeLaVraiePlaceDeDieuDansLaBiblennnnnnggggggg ». Ni des flics ou des pompiers, dont les appuis virils et secs te disent qu’il ne faut pas essayer de le faire à l’envers.
La sonnette faisait plutôt un bruit bizarre, énigmatique.

Jennifer ouvra la porte.
– Salut Jennifer ! J’passais par là et je me demandais si je pouvais t’emprunter le dernier CD des Los Van Van ?

Merde,  je reconnais cette voix! C’était celle de Charles, le danseur lourdaud de la salsa qui te colle sous n’importe quel prétexte en enchaînant les danses et en les transformant en slows. Des slows lents, longs, odorants, humides, ennuyeux, où tu passes ton temps à essayer de trouver des parades pour garder une distance minimale de survie et contrecarrer son plan diabolique qu’il fait avec ses mains qui s’égarent… Cela te renvoie à ton adolescence, à tes soirées boom et à ton psy. Charles fait partie de la longue liste des noms que j’ai égrainé dans mon fichier Excel « fdp.xls »

J’ai donc traversé  l’appartement de Jennifer en mode furtif telle un ninja obèse.  En rampant derrière le canapé me rappelant des heures sombres de mon histoire sexuelle,  j’atteins la première porte, celle des toilettes.

14h59 : Ouf, je suis sauvée ! Charles ne m’a pas vu ! Faut dire que j’ai eu chaud !

3 heures plus tard toujours retranchée dans les toilettes, une oreille contre la porte me fait entendre une conversation qui n’en finit plus entre Jennifer et Charles que j’ai du mal à déchiffrer :

– Blabla

– Bla belle blabla.

– Blabla amis blablabla ??

– Blabla… sexe ?

– (rires)

– (rires)

– Blablablablablablbalbalblablablablablablabla. Blablablablablablablablablablablablabla blabla. Bla…Bla.

– BlablablablablaWCblablabla. Blablabla.

WC ??? Attendez !!! Chuuuuuuuut !!!! Lisez à voix basse ! Vous allez me faire repérer !!

18h07 : Oh merde, j’entends la voix de Charles qui se rapproche.
No stress. No panic. Quand la rédaction d’un article ne suffit plus à contenir mon stress, il faut que je pense à un truc qui me donne de l’énergie et qui me fait du bien. J’ai une passion pour les licornes. Mais hélas étant difficile d’en trouver, j’aime bien aussi les chevaux.

 

 

Voilà, maintenant je suis apte à gérer cette situation comme un adulte. Je prends le balai des chiottes en guise d’arme, au cas où la porte ne tienne pas le coup.

– Il y a quelqu’un ???!

– Non, il n’y a personne.
Je sais que cette réplique peut paraître quelque peu absurde vu que je me suis enfermée dans les toilettes et que par déduction, il y a forcement quelqu’un à l’intérieur. Mais je mise sur le peu de neurone du mâle lambda.

– Miss Purple, j’ai reconnu ta voix ! Que se passe t’il ? A ce qu’il parait tu y es depuis 4 heures !

Etant au pied du mur, ou plutôt au pied des chiottes, et en situation de survie, je me lève et je commence à faire mes pas sur place, comme ce qu’Alex nous a appris pour les soirées salsa.
J’essaie de prendre la voix la plus masculine  que je peux pour répondre afin de me faire passer pour un mâle et de sauver le peu qui me reste de mon honneur :

– Oui ca va, je me libère mes couilles.
Je ne sais pas si les mecs disent réellement çà, mais c’est le seul truc qui m’est venu à l’esprit.

– ????!!!

– ….

– C’est quoi cette voix ? Ca ne va pas ? Attends j’arrive !!

18h08 et 47 secondes : Et c’est là que je réalise qu’il n’y a pas de clef sur la porte. Je n’ose imaginer ce qu’on pourra écrire sur mon épitaphe. Probablement un truc genre « Danseuse de salsa dont les dernières heures ont été sur des toilettes séparées suspendues ».

Je vais donc respirer un grand coup, comme font les héros dans les films avant de faire un truc héroïque. J’ai de la chance, l’appartement se trouve au rez-de-chaussée. Je vais donc pouvoir enjamber la fenêtre et courir dans la rue avec mon balai de chiottes à la main, au cas où ce fils de pute me suivrait, le tout en plan séquence.

Bref, je vous souhaite une bonne année 2015.

 

Purple’ment Vôtre Miss P.

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